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Accueil > Corrigés > Les échanges d’idées et les échanges de produits ont-ils la même valeur ?
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Les échanges d’idées et les échanges de produits ont-ils la même valeur ?

page créée le 01/01/2003

 

 

Résumé:

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Voici quelques conseils pour rédiger cette dissertation difficile. Vous trouverez différentes pistes à exploiter, souvent sous forme de grands questionnements et de références précises. Vous remarquerez que plusieurs plans sont possibles : tout dépend de la problématique choisie au départ.

Analyse des termes :

- idées : représentations générales et abstraites ; conceptions intellectuelles ; pensées (ce qui vient de l’esprit de l’homme) ; tout ce qui est culturel en général
- produit : quelque chose de fait, de fabriqué par l’homme ; résultat de la technique ; donc : objet technique ; marchandise ; un produit s’échange contre un autre moyennant un intermédiaire, l’argent, qui réduit les deux produits à la même valeur
- valeur : être objet d’estime ; s’oppose au prix : alors qu’une chose, par exemple, peut avoir un prix, parce qu’elle peut être échangée contre une autre dont elle est considérée comme l’équivalent, seul un être humain, une personne, a une valeur, car elle ne peut être considérée de la même manière (on n’achète pas une personne humaine, on ne la vend pas, etc.  : elle a une valeur absolue, alors que le produit a une valeur relative) Cf. Kant, impératif catégorique (cf. le sujet « Quand manque-t-on de respect à quelqu’un ? »
- échanges : il faudra bien distinguer les échanges au sens strict et premier, à savoir, les échanges économiques, et les échanges entre les hommes comme par exemple l’échange des idées


Quelques pistes :

I- Une analyse de l’échange de produits

L’échange de produits a à voir avec société de consommation. Pourquoi en effet échange-t-on des produits ? Par intérêt, et par intérêt vital : c’est mû par le besoin qu’on le fait. Souvent, il en découle une absence de souci d’autrui, de la personne humaine, de sa valeur absolue (cf. critiques bien actuelles du capitalisme). Par exemple, on peut très bien utiliser les autres uniquement comme moyen pour se nourrir (quand on échange par exemple quelques pièces pour une baguette de pain…).

Vous pouvez faire une analyse de cette forme d’échange et montrer qu’il n’a pas de valeur absolue mais seulement relative. Voire, finalement, pas de valeur du tout…


II- Comparaison avec l’échange des idées

Ensuite, vous pouvez vous  demander si l’échange des idées a la même valeur (c’est-à-dire, pas vraiment de valeur …), ou bien s’il peut être mis au-dessus. Vous pouvez pour ce faire tenter une comparaison et dire : et bien oui, il semble que l’on puisse légitimement comparer les deux, au sens où, au premier abord, l’échange des idées paraît avoir la même fonction (utilité, besoin, vie…) ; mais alors, il vous faut analyser l’échange des idées en lien avec la notion de langage (une des formes essentielles de l’échange d’idées, passe bien par les mots, écrits ou proférés, par le signe linguistique !), et l’entendre au sens de communication.

La question essentielle sera ici celle de savoir si l’échange d’idées  a seulement une valeur utilitaire. Est-ce mû par le besoin et l’intérêt, par la survie, qu’on échange des idées ?
 
Suggestions (je vous montre ici comment utiliser les cours, et plus particulièrement, les textes étudiés dans ces cours ; les cours auxquels je renvoie sont ceux de mon site) :

1) On peut répondre, au premier abord, par l’affirmative : cf. besoin de communiquer entre nous, à partir du moment où nous vivons en société (Rousseau, Essai sur l’origine des langues ; Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes ; sur ce point, cours langage, la dernière annexe)
 
2) Oui, mais est-ce que c’est vraiment un échange d’idées ? N’est-ce pas un échange d’informations (cf. concept de «communication ») ? N’est-il pas néfaste de réduire les idées au rang d’informations ? Cela revient vraiment à réduire l’homme à un animal : cf. Descartes, Lettre à Newcastle, sur la spécificité humaine du langage : si l’animal ne parle pas, c’est parce qu’il ne peut avoir d’idées, c'est-à-dire, de représentations générales et abstraites (du genre : 2 et 2 font 4 ; les corps sont soumis à la loi de l’inertie ; l’univers est infini ; etc.). Il échange bien, que ce soit avec nous soit avec ses comparses, des «signes », mais ces signes sont seulement des «signaux » (cf. Benveniste, la danse des abeilles). Alors, on touche ici finalement à la dimension «métaphysique » de l’échange des idées : si l’homme échange des idées, ce n’est pas pour vivre et/ ou survivre, mais c’est purement «gratuit », c’est désintéressé : cf. faire des maths, écrire des livres, faire de la philo, en général, connaître et faire partager ses connaissances : c’est à la limite, du moins du point de vue vital, inutile, mais qu’est-ce que ça a de la valeur, et une valeur inestimable ! En effet, n’est-ce pas ce qui nous élève au-dessus de l’animal, des choses, des besoins, et donc, de la nature en général ? ?

L’échange des idées a donc une valeur absolue… et cette valeur est la valeur de l’humanité elle-même. Donc l’échange des idées n’a pas la même valeur que l’échange des produits ! Il n’a pas une valeur relative, mais une valeur absolue/ métaphysique.

Ensuite, vous pouvez vraiment vous attaquer à la remise en question (mais elle est déjà bien avancée…) de la  ressemblance entre les deux formes d’échange : on peut s’attaquer en effet à la quasi-absence de prise en compte d’autrui dans les échanges de produits en prenant cette forme d’échanges d’idées qu’est le dialogue, en prenant pour exemple un «échange d’idées » entre Socrate et un de ses disciples (cf. cours philosophie). Vous pouvez alors  montrer qu’il y a ici un rapport de respect mutuel. Et sans doute un véritable échange, qui ne conduit pas à chosifier l’autre : ce n’est pas un échange dans lequel on considère, contrairement à ce qui se passe dans l’échange de produits, autrui comme un moyen. Mais l’échange des idées montre la nécessité d’être à plusieurs pour penser mieux et donc avoir des idées réelles. Ici, l’échange a une valeur éthique. Il est complètement désintéressé : son seul but est la vérité (ainsi que la bonne manière de vivre et de réaliser l’humanité).


Autres idées, autre plan…

1) Il y a une autre piste à exploiter :

Il s’agit du problème de l’échange des produits culturels, et de l’expression même de «produits culturels ». Ce qui est alors en question, c’est la culture de consommation (et la consommation de la culture ! !), car elle revient à considérer la culture, l’esprit, l’homme, comme un vulgaire produit, et comme n’ayant pas plus de valeur que le «produit ».  

Ce point là, vous pouvez le mettre dans plusieurs endroits, tout dépend de votre plan ; ainsi, vous pourrez tout à fait choisir de mettre ce que j’ai mis en II (problème du langage) dans la dernière partie : dans cette perspective, il faudrait montrer, après avoir dit que les échanges d’idées ont une valeur supérieure aux échanges de produits, que les échanges d’idées ont même une valeur absolue, et ne doivent donc pas être comparés aux échanges de produits … ni même être mis sur le même plan, comme notre culture de consommation tend à le faire en parlant de «produits culturels »….

2) Dernière idée, et nouvelle référence  

Les deux formes d’échanges sont diverses manières d’envisager les rapports entre les hommes. L’une le grandit, l’autre le réduit au statut d’animal et/ ou de chose (car la mise en rapport des hommes par l’intermédiaire des produits échangés est seulement une forme d’échange économique, c’est-à-dire,  a seulement, mais je l’ai déjà dit, une fonction vitale). L’autre favorise réellement le lien social et met donc véritablement les hommes en rapport.

La référence vraiment utile pour traiter cette piste est le célèbre texte d’Aristote, Politiques, I, 2 (cours autrui I ; cours Etat I ) : les échanges d’idées (idées morales, sur le bien, sur la justice) entre les hommes vivant dans une cité est l’acte politique par excellence, qui fait de nous des hommes à part entière –car ce qui fait de nous des hommes, c’est le fait de vivre avec nos semblables : l’homme est pour Aristote naturellement social, il est fait pour vivre en société, etc. Nous échangeons donc, dans l’échange d’idées, ce qui nous est propre ; cela contribue donc à nous rendre plus humains…

 

 


 

 

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