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Accueil > Corrigés > Autrui peut-il être autre chose qu'un obstacle ou un moyen ?
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Autrui peut-il être autre chose qu'un obstacle ou un moyen ?

page créée le 01/01/2003

 

 

Résumé:

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Avertissement : vous trouverez ici des jalons pour construire votre dissertation.

 

Sous-entendu du sujet : on fait comme si ce n'était pas possible qu'il en soit autrement ; comme si autrui est par définition un obstacle ou un moyen : il s'agit donc de savoir pourquoi ou comment on peut être amené à dire ça, et de trouver une alternative

 

Autrui : terme très général : l'autre (que) moi ; dans une perspective moderne, c'est l'autre sujet/ conscience/ moi (Descartes) ; dans une perspective plus classique, avant Descartes, c'est l'autre homme, tout simplement (cf. Aristote). Il est important d'envisager les différents sens du terme, et de le préciser dans votre devoir (cf. ce que j'appelle la perspective " métaphysique " = celle de Descartes ; " politique " = Aristote, Hobbes)

 

Peut-il : 1) possibilité physique 2) morale

 

Obstacle : ce qui empêche quelque chose : mais quoi ? S'opposerait-il à ma liberté par exemple ? Ne serait-il pas d'abord ce qui m'empêche de faire tout ce que je veux ? (Sartre pour une problématique métaphysique ; Hobbes pour une problématique politique -peut-être plus facile à utiliser pour un premier devoir). Qu'il y ait d'autres que moi, c'est bien le signe que je ne suis pas seul.

 

Mais qu'autrui soit et soit seulement un obstacle, cela suppose :

 

- que je peux me définir tout seul (ce que semble croire Descartes -cf. le cogito, cours autrui- mais ce que critique Sartre -cf. texte cours autrui- et, dans une perspective plus politique, Aristote -cours Etat texte Politiques, I, 2 : l'homme est un animal politique)

 

- que le mode des rapports entre les hommes (autrui, c'est aussi l'autre homme) ne peut qu'être le conflit (Hobbes -cours Etat-, Sartre -cours autrui-) ; conception opposée : Rousseau ; notre expérience même : avez-vous spontanément tendance à vous ruer sur les autres dans la rue ? Ne sont-ils que des adversaires, des ennemis ? On peut opposer à cela la pitié ; l 'existence même de la cité : les autres nous permettent de faire des choses que nous ne pourrions faire seuls (survivre, notamment ; parler, ensuite -cf. les premiers § des Politiques d'Aristote, encore !)

 

Interroger ce que présuppose, sous-entend, une thèse, permet donc de trouver à la fois ce qui fait vraiment problème dans le sujet, mais aussi, vous le voyez ici, de trouver des arguments pour critiquer cette thèse dans une autre partie

 

Moyen : un moyen, c'est quelque chose qui vous sert à obtenir quelque chose d'autre ; il s'oppose à la fin, qui elle, ne sert à rien d'autre mais existe pour elle-même; c'est quelque chose qui n'a pas de valeur absolue, mais seulement relative. Si autrui est un moyen, vous le considérez donc comme ayant seulement une valeur relative. Vous pouvez vous en servir pour autre chose, comme monnaie d'échange, etc. Autrui n'est alors qu'une chose.

 

Il faut alors se demander pourquoi on suppose ici qu'autrui ne pourrait être qu'un moyen : ne serait-ce pas parce qu'autrui nous apparaît d'abord comme une chose du monde, puisque je ne vois ou n'appréhende de lui que son corps, son aspect extérieur ? (ne serait-ce pas la conséquence ultime de la conception cartésienne de l'homme comme sujet et comme conscience ?). Cela serait aussi ce qui mène à concevoir autrui comme un obstacle (point commun de ces deux termes ..., à creuser)

 

Ici, on répondra bien entendu que on peut se rapporter à autrui autrement : nous le respectons, nous le considérons comme quelqu'un et non comme quelque chose, comme quelqu'un qui est non un moyen mais une fin en soi, i.e., qui a une valeur absolue, envers qui j'ai des responsabilités, qui m'enjoins de ne pas me tuer ... (Kant, impératif catégorique, cours autrui et droit)

 

Et dès lors, qu'on doit se rapporter à autrui autrement qu'en termes d'obstacle ou de moyen ! (non plus possibilité physique/ réelle, mais devoir moral)

 

Le problème ultime posé par le sujet est donc de savoir si autrui est une chose ou une personne, et si je peux être sans autrui. Il s'agit de savoir si l'homme est un être intersubjectif ou non.

 

 

Conseils de rédaction :

 

- Il est important de ne pas traiter à part, i.e., dans deux parties différentes, autrui-obstacle et autrui-moyen ;

 

- le passage à une autre partie doit toujours être lié à la mise en évidence d'une faille dans la thèse qu'on vient de défendre (par exemple : si vous avez commencé par montrer qu'autrui est avant tout un moyen et un obstacle, pour les raisons (...), il faut que vous ayiez commencé à montrer que peut-être (...) ; alors, nouvelle question, deuxième partie)

 

- quand vous critiquez la thèse précédente, essayez de vous attaquer au présupposé de cette thèse (exemple : mais dire que (...) cela ne présuppose-t-il pas telle conception de l'homme, telle définition d'autrui ? Or, autrui ne serait-il pas au contraire essentiel à mon être ? etc.)

 

- chaque partie doit commencer par la question dont le développement sera la réponse argumentée

 

- le " problème " sous-jacent (exemple : l'homme est-il un animal politique ? ou bien autrui est-il une personne ?) devra être votre fil conducteur, et vous permettre de progresser

 


 

 

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