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Toute croyance est-elle irrationnelle ?

page créée le 01/01/2003

 

 

Résumé:

liens associés

- introduction à la philosophie de Platon

- Descartes, Méditations Métaphysiques, Première Méditation, surtout le premier §

- cours religion

 

Plan

Introduction

I- la croyance comme insuffisamment fondée et opposée au savoir

II- La croyance comme assentiment

A- Les diverses formes de croyance analysées ci-dessus ne peuvent être dites toutes irrationnelles (en tout cas pas au même degré !)

B- La croyance comme assentiment –en quel sens la croyance peut être dite irrationnelle

III- Comment sauver les croyances les plus irrationnelles de l’absurdité ?

A- Est-ce que la croyance inductive est contraire aux normes logiques les plus élémentaires ?

B- Quelles croyances peuvent alors être dites irrationnelles ?

Conclusion

Annexe I : l’explication de la religion chez Marx et Nietzsche

Annexe II : l’argument du pari de pascal

 

Bibliographie

 


Introduction

La croyance, communément, est assimilée à une attitude " irrationnelle ", i.e., contraire à la raison.

Exemples : " je crois aux soucoupes volantes " ; " je crois qu’il existe des filtres magiques pour séduire les femmes "… ; cf. aussi les croyances religieuses, les superstitions, les miracles, la crédulité, etc.

Quand elle n’est pas à proprement parler irrationnelle, elle est de toute façon critiquée, en tant qu’elle s’oppose au savoir, de deux manières possibles :

 

  • soit elle est un faux savoir : exemple : " dans l’Antiquité, on croyait que la terre était immobile au centre du monde ; aujourd’hui, on sait que la terre tourne autour du soleil " (NB : ici, le sens du mot croyance est proche du premier sens)

 

  • soit elle est un savoir douteux : " je crois qu’il va pleuvoir " ; " je crois que Jeanne va venir ce soir " (sous-entendu : je n’en suis pas certain ; j’en suis plus ou moins certain).

 

On nomme la première forme de croyance (celle qui est proprement irrationnelle) superstition, ou crédulité. On nomme la seconde, plus précisément, opinion. Ce qui est commun à ces deux espèces de croyances, c’est qu’on ne semble pas avoir de raisons, ou bien pas de raisons suffisantes, en tout cas, de croire.

La question initiale, celle de savoir si toutes les croyances sont irrationnelles, peut donc se prendre en un double sens  : les croyances peuvent être dites irrationnelles parce qu’elles sont absurdes, et parce qu’elles s’opposent à la raison, ou bien parce qu’elles sont insuffisamment fondées, parce qu’on n’a pas de raisons suffisantes pour y adhérer.

Nous allons donc nous demander si toute croyance est automatiquement, de par sa nature même de croyance, absurde et/ ou insuffisamment fondée. Toute croyance est-elle dénuée de raison ?

I- la croyance comme insuffisamment fondée et opposée au savoir 

Pourquoi dit-on généralement que la croyance est irrationnelle, comme si une croyance, du fait même d’être une croyance, était irrationnelle ? Pour le savoir, il nous suffit de définir la croyance. Nous allons voir qu’elle est quelque chose de négatif.

 

Il y a plusieurs sens du mot " croyance " :

 

Au sens large, on peut définir la croyance comme suit : c’est un état mental qui porte à donner son assentiment à une certaine représentation, ou à porter un jugement dont la vérité objective n’est pas garantie et qui n’est pas accompagné d’un sentiment subjectif de certitude. En ce sens, elle est synonyme d’opinion.

Croire quelque chose, c’est donc, semble-t-il, assentir à quelque chose, sans pourtant en être certain. La croyance, dans son acception générale, s’oppose donc au savoir en tant qu’elle est seulement plus ou moins vraie (= probable).

Ainsi peut-on faire varier les degrés de croyance selon le rapport entre la garantie objective et la conviction subjective (et ces degrés iront du moins certain au plus certain) :

Opinion fausse ou douteuse : préjugé, illusion, superstition

Soupçons, présomptions, suppositions, prévisions, estimations, hypothèses, conjectures

Convictions, doctrines, dogmes

Croire en quelqu’un ou en quelque chose : foi

La garantie objective de l’opinion est faible ou nulle mais celui qui l’éprouve a une conviction très forte du contraire.

 

  • Phénomènes surnaturels ou magiques (guérisons miraculeuses, pouvoirs de sorcellerie)
  • Etres ou événements merveilleux ou mythiques (fées, farfadets, fantômes, rencontres du 3è type)

Les croyances sont susceptibles d’être vraies ou d’avoir un certain fondement objectif ; sont en attente de vérification ou de justification

 

  • les hypothèses scientifiques
  • les indices d’une enquête policière

Croyances reposant sur un fort sentiment subjectif, mais dont le fondement objectif n’est pas garanti.

Attitude qui va au-delà de ce que les donnés ou garanties permettent d’affirmer. Le degré de certitude est très fort, bien que le degré de garantie objective puisse être très faible.

 

On voit donc, à travers ce tableau, que les représentations auxquelles on accorde sa créance sont plus ou moins garanties, et qu’on croit plus ou moins fermement ce que l’on croit, avec un sentiment subjectif qui peut aller de l’incertitude complète à la certitude totale. A chaque fois, il y a un certain écart entre les données et garanties objectives, et le sentiment subjectif par lequel on adhère (croit) à ces données. Les croyances sont alors plus ou moins fondées, mais, à ce qu’il semble, elles ne sont jamais entièrement fondées.

 

La croyance est donc négative et irrationnelle du fait qu’elle est un faux savoir, et un savoir insuffisamment fondé. La croyance est synonyme, dans le pire des cas, de superstition, et dans le meilleur des cas, d’opinion. Elle est ainsi irrationnelle au sens où elle est une adhésion à une idée fausse (sorte d’illusion), ou bien à une idée peu probable ou très incertaine. La plupart du temps, en effet, il semble que nous n’avons aucune raison ou en tout cas aucune raison valide, d’adhérer à ce à quoi nous croyons.

 

On peut appeler cette conception de la nature de la croyance une épistémologie dogmatique. Ses deux plus grands représentants sont : Platon (partie II) (République, Livre VII) et Descartes (Règles pour la direction de l’esprit, et Méditations métaphysiques, Méditation première). Si chez Platon, en effet, savoir et croyance s’opposent strictement (notre croyance ne peut être savoir et notre savoir ne peut être une croyance), chez Descartes, il en va de même : ainsi décide-t-il, pour rechercher la vérité, de faire comme si ce qui est seulement probable (même très probable) était faux.

suite du cours

 

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