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L'art

page créée le 01/01/2003

 

 

Résumé:

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- cours art

- corrigé de dissertation : "Art et philosophie"

- corrigé de dissertation : "L'oeuvre d'art manifeste-t-elle un absolu ?"

 

Sujets

Définitions et problèmes

Auteurs

 


Sujets

  • Peut-on convaincre autrui qu’une œuvre d’art est belle ?
  • Qu’est-ce qui distingue une œuvre d’art d’un objet technique ?
  • L’art modifie-t-il notre rapport à la réalité ?

 

Concepts, problèmes

Art, technique, travail : 1) type d’activité humaine : tout ce par quoi l’homme met son empreinte dans quelque chose, fait un monde humain : s’oppose alors à la nature (cf. termes d’artifice, « artefact ») ; 2) type d’objet : quelque chose de fabriqué par l’homme (œuvre). On distingue en général l’art du travail ou de la technique en ce qu’il n’a aucun but utilitaire et fabrique des objets beaux, destinés à nous procurer un certain plaisir (à « nous plaire »).  

Le beau :

Problème n°1 : le beau est-il une caractéristique de l’objet, ou de notre esprit ? Réponse de la philo moderne, représentée surtout par Kant : le beau est quelque chose de subjectif, i.e., il caractérise l’effet que fait sur nous un objet. Il appartient donc à notre esprit plutôt qu’aux choses.

Dès lors, problème n°2 : comment s’entendre sur la beauté de quelque chose (et surtout, d’une œuvre d’art)?

Attention : le beau n’est pas propre aux œuvres d’art ! cf. définition kantienne, ci-dessous. D’ailleurs, le beau n’est vraiment plus la caractéristique majeure des œuvres d’art aujourd’hui.

Jugement de goût/ esthétique : quand nous jugeons que quelque chose est beau.

Le génie : talent artistique ; capacité à produire des œuvres sans suivre de règles, par une inspiration ; mais ne produit pas n’importe quoi : on imite le génie (le génie « fait école »). Conséquence : l’art n’a rien à voir avec une connaissance, ou avec la science, puisque celui qui fait une œuvre d’art ne sait pas comment il fait ce qu’il fait, et ne peut donc enseigner aux autres comment faire ce qu’il a fait… Renvoie à la création, et non à la fabrication (qui suppose des règles)

Fonctions de l’art :

1)      exprimer une vision du monde (celle de l’artiste, ou d’une civilisation, d’une société –la première renvoie à l’individualité, elle est consciente ; pas la seconde : c’est après-coup qu’on dira qu’elle renvoie à une certaine vision du monde, i.e., manière de vivre, de considérer le monde, etc.) ;

2)      manifester quelque chose d’invisible à l’œil nu : l’art rompt alors avec le quotidien ; soit on dit que c’est a) une nouvelle manière de regarder la réalité (dans la vie quotidienne, on a un rapport utilitaire aux objets, et on ignore alors certaines de ces caractéristiques), soit que b) il nous fait accéder à un autre monde ou à des choses que sans cela on ne pourrait jamais « dire » (Dieu, la mort, etc.) 

 

Textes / auteurs 

Platon : République, livre X : l’art, imitation de la réalité sensible, est tromperie car seul le monde des Idées est réel, or, la réalité sensible=monde des apparences ; l’artiste, ignorant (ignore ce qui est vraiment). L’art s’oppose ici à la philosophie, synonyme de science, de connaissance, et à l’absolu, au monde véritable (car la connaissance véritable a pour objet le monde véritable…–point commun aux deux : la vérité). NB : cela suppose que l’art est imitation de la nature, ce qui ne va pas de soi.

Hegel : l’art est un moyen sensible d’accéder au vrai (qui dit sensible, dit inférieur, à la philosophie/ science –inférieur car pas clair) 

 

Aristote : distinction entre plusieurs types d’activités humaines : a) activité en vue d’une fin (poiésis) –synonyme de fabrication, de technique, de production ; b) action morale et politique (praxis) ; c) connaissance pure (théoria). Chez Aristote, l’art, comme le travail ou l’artisanat, fait partie de b). Rien ne distingue l’artiste du boulanger… Problème pour nous, contemporains : l’art est alors du côté de l’utile, ce qu’il n’est plus pour nous… Et puis, les objets d’art sont pour nous bien à part des objets techniques

Kant : Critique de la faculté de juger : définition de la beauté comme subjective (cf. ci-dessus). Caractères de la beauté :

-                     procure un plaisir esthétique = désintéressé (on ne prend plaisir qu’au spectacle de la chose, on ne veut pas la posséder : cf. contemplation d’une nature morte : rien à voir avec le plaisir de manger)

-                     universalité subjective : tout en exprimant ma propre satisfaction, le jugement « c’est beau » prétend valoir pour tout le monde ; prétend, car s’il valait vraiment pour tout le monde, il serait un jugement de connaissance, i.e., vrai ou faux ; dès lors, on pourrait démontrer la valeur de notre jugement, et on n’aurait qu’à s’incliner devant cette démonstration, ce qui n’est pas le cas ! Par contre, la beauté permet aux hommes la discussion (ce qui suppose que le beau n’est pas entièrement subjectif, puisqu’il nous permet de nous rencontrer : c’est pourquoi le beau est un « universel subjectif » -NB : normalement, la subjectivité désigne ce qui nous est vraiment propre, ce qui nous enferme en nous-mêmes). Sans être scientifique, le jugement de goût est donc objectif.

-                     finalité sans fin : est beau ce qui donne l’impression d’avoir été produit en fonction d’une intention (on dit alors que la chose a une signification : quelqu’un a voulu dire quelque chose); mais on ne peut en donner précisément la fin (qu’est-ce que ce quelqu’un a voulu dire par là ?). Cf. ci-dessus, notion de génie. Signifie que le beau est indéfinissable (et, de nouveau, qu’il n’est pas une connaissance).

 

 

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