commentaire d'un texte de Bergson sur les rapports esprit et matière (TES)


Que nous dit (…) l’expérience ? Elle nous montre que la vie de l’âme ou, si vous aimez mieux, la vie de la conscience, est liée à la vie du corps, qu’il y a solidarité entre elles, rien de plus. Mais ce point n’a jamais été contesté par personne, et il y a loin de là à soutenir que le cérébral est l’équivalent du mental, qu’on pourrait lire dans un cerveau tout ce qui se passe dans la conscience correspondante. Un vêtement est solidaire du clou auquel il est accroché ; il tombe si l’on arrache le clou ; il oscille si le clou remue ; il se troue, il se déchire si la tête du clou est trop pointue ; il ne s’ensuit pas que chaque détail du clou corresponde à un détail du vêtement, ni que le clou soit l’équivalent du vêtement ; encore moins s’ensuit-il que le clou et le vêtement soient la même chose. Ainsi, la conscience est incontestablement accrochée à un cerveau mais il ne résulte nullement de là que le cerveau dessine tout le détail de la conscience, ni que la conscience soit une fonction du cerveau. Tout ce que l’observation, l’expérience, et par conséquent la science nous permettent d’affirmer, c’est l’existence d’une certaine relation entre le cerveau et la conscience.


H. Bergson, L’Energie spirituelle (1919), Puf Quadrige, 1999, pp. 36-37



Introduction

Ce texte écrit par Bergson, extrait de l’Energie spirituelle, traite de la relation entre esprit et matière. Plus précisément en ce qui concerne l’homme on parlera plus de la relation entre le corps et l’âme. A ces deux termes, l’auteur substitue les termes de cerveau et de conscience. Il se demande si la conscience est une fonction du cerveau et si on peut la réduire au cerveau. A cela, le philosophe répond de façon négative, posant la thèse selon laquelle il existerait une relation certaine entre les deux réalités. Mais la nature de cette relation serait encore inconnue. On voit donc immédiatement que l’auteur, en évoquant l’existence de deux réalités, s’oppose à toute conception moniste de l’homme et du monde. A cela s’ajoute aussi (de façon logique) le fait qu’il va à l’encontre de toutes les conceptions matérialistes qui reviennent à réduire l’esprit à la matière et dans ce cas présent la conscience au cerveau.

Par conséquent, nous interrogerons avec l’auteur le bien-fondé de scinder la réalité en deux parties. Pourquoi refuse-t-il toute définition matérialiste ?

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