Le Temps Série L

Plan


Sujets

Concepts essentiels

Grands textes


Sujets

Peut-on dire : « je n’ai pas le temps » ?

Le temps nous appartient-il ?

Qu’est-ce que je perds quand je perds mon temps ?

Le temps est-il la marque de mon impuissance ?

Le temps est-il essentiellement destructeur ?

Tous ces sujets supposent toujours le problème de savoir si le temps existe hors de nous, dans les choses, ou bien s’il n’existe que dans notre esprit, s’il n’est qu’une façon de nous rapporter aux choses, d’établir entre elles un certain ordre. Le temps n’existe alors que pour l’homme, et est une dimension essentielle de la conscience (humaine) : on dit qu’il est subjectif, et non pas objectif. On se demandera ici si  dire que le temps est « subjectif » signifie qu’il est une illusion (le temps n’existe pas !) ou bien quelque chose qui peut être objectif. Subjectif = propre à chacun ? ou au sujet humain qu’est l’homme ?

Concepts essentiels

- connaître les caractéristiques du temps : (1) flux continu, ininterrompu, qui emporte tout –ou dans lequel tout passe, se transforme, disparaît ou apparaît ; (2) ce flux est irréversible : il est orienté ; nous allons du passé au  présent  puis à l’avenir (ou bien l’avenir vient à nous, devient présent, et s’engloutit dans le passé) ; nous ne pouvons remonter le temps ; d’où son caractère tragique (irrémédiable : ce qui a été fait, ne peut être défait, c’est trop tard, etc.)

- temps subjectif et objectif : deux sens : (1) en nous et en dehors de nous –dans l’esprit ou dans les choses mêmes; (2) psychologique : façon dont on ressent les effets du temps, différente selon les individus mais aussi selon nos activités et le temps social ou identique pour tous : le temps de la montre, le temps du travail, de la chronologie, etc. Ne subit pas les variations du temps psychologique.

- temps et durée : distinction propre à Bergson : le « temps » désigne le temps mathématisé de la science mais aussi de la société (temps de la montre) ; ce n’est pour lui pas le vrai temps, puisqu’il n’est au bout du compte que de l’espace ; la durée est le temps véritable, elle n’est pas réductible à la quantité, ni divisible : la durée est continue et « élastique » (distinction qui s’approche du second sens de la précédente)

- temps et changement : le temps est la manière que nous avons de penser le changement, de le mesurer, de l’organiser etc.

- éternité et immortalité : (1) l’éternité est l’absence de temps (vivre hors du temps, et du changement, du devenir) = elle est en général l’attribut de Dieu seul (conséquence : le temps caractérise l’existence humaine, en un sens négatif : il est ce qui nous éloigne de Dieu, ce qui nous fait souffrir, etc.) ; (2) l’immortalité est une continuation ininterrompue de l’existence, qui a lieu dans le temps mais ne s’arrêtera jamais (toutefois, cela mène à ne pas penser le temps de façon tragique, puisqu’il ne va plus vers la destruction, la mort ; j’ai « tout mon temps » !)

Grands textes/ grandes thèses

- St Augustin, Les Confessions, livre XI : le temps n’existe pas à proprement parler, si ce n’est dans l’esprit de l’homme (car ce qui compose le temps, passé, présent, et futur, n’existe jamais : le passé n’est plus, le futur n’est pas encore, et le présent cesse d’être, il est évanescent ; le futur et le passé n’ont d’existence que dans notre esprit, sous la forme du souvenir et de l’attente ; ce qui revient à dire que le passé et le futur se ramènent au temps présent… qui n’existe pas !). On va dire ici que le temps est subjectif au sens où il n’existe que dans notre esprit. 

- Kant, CRPure, Esthétique transcendantale : le temps n’est rien en soi hors de l’homme ; il est la façon dont les choses nous apparaissent (= subjectif). Preuves : a) s’il était un objet réel, une chose comme les autres, etc., alors, il devrait pouvoir exister indépendamment de toute chose/ tout événement. b) il devrait également pour cela être connu par expérience, or, on ne peut avoir aucune expérience si ce n’est à travers le temps : le temps est condition de toute expérience (a priori). Donc : il n’est que dans l’esprit de l’homme.

Mais il est objectif  ou réel (i.e. : pas une illusion) : car a) il est universel, i.e., propre à tout esprit humain normalement constitué et b) caractérise l’expérience. On dit qu’il est une « idéalité transcendantale » : idéal = car pas une « chose » ; et Tal = il préexiste aux objets et en conditionne l’expérience, la connaissance.

- Bergson, La pensée et le mouvant : cf. ci-dessus distinction temps et durée ; Bergson pense en outre la positivité du temps (ou de la durée) : le temps est ce par quoi tout se fait, il est création plus que destruction (cf. le titre de son œuvre : L’évolution créatrice)

- Platon, La république, notamment l’allégorie de la caverne : critique du temps : il ne caractérise que le monde sensible, monde du devenir perpétuel, où rien n’est stable ; le monde des Idées, la réalité, est hors du temps (éternité) et est ce à quoi on aspire