La Conscience, l'Inconscient, le Sujet Toutes Séries

Plan

Résumé: cette fiche définit les trois termes de conscience, inconscient, sujet, et exposent très rapidement les thèses sur la conscience de deux grands auteurs : Descartes et Freud. Elle s'adresse à tous les publics, et essentiellement aux classes technologiques. Pour une fiche plus élaborée, cf. la fiche sur la conscience.

Problème : essentiellement celui de la connaissance de soi-même

Les concepts

Conscience :

a) conscience spontanée, irréfléchie : présence immédiate au monde (un certain rapport au monde donc, qui est face à nous ; ne vaut que de l’homme, car par exemple une simple table ne peut avoir conscience, en ce sens pourtant minimal du mot « conscience », qu’autour d’elle il y a d’autres objets)


b) conscience psychologique : présence immédiate à soi-même (se sentir exister)

c) conscience réfléchie : connaissance de cet état de présence au monde et à soi-même = savoir qu’on a conscience de quelque chose ; cette forme de conscience double chacun de nos actes d’un savoir les concernant (je vois et je suis conscient de voir)

d) conscience morale : capacité de juger du bien et du mal ; suppose c) car pour cela il faut prendre du recul par rapport à ce qu’on fait

NB : la conscience est également mémoire, et capacité de synthèse, au sens où elle permet de faire le lien entre les différents moments de mon existence; la conscience a alorsà voir avec la notion de permanence, elle fait de moi UN être (cf. notion d'identité personnelle, de personne, dans le texte de Locke)

Sujet : être un sujet, c’est être un être conscient, capable de dire « je », c’est-à-dire, de faire la distinction entre une intériorité (moi, mes pensées), et une extériorité (le monde) ; le sujet est celui qui s’oppose à ce qui n’est pas lui-même (il ne se confond pas avec le monde). Par suite, un sujet est une « personne », un être capable de faire la synthèse entre tous les moments de sa vie.

Inconscient :

a) idée que tout ce qui se passe en vous n’est peut-être pas conscient
b) substantif (Freud) : idée d’une structure psychique, distincte de la conscience ; c’est elle qui est à l’origine de votre personnalité, de ce que vous êtes

Auteurs à retenir

Descartes : la conscience est le modèle et le fondement de toute vérité ; la certitude d’être conscient, saisie à travers le cogito (« je pense donc je suis »), est en effet la seule qui résiste à un doute radical.

Développement : dans les Méditations Métaphysiques, D. cherche s’il existe une connaissance certaine. Sa méthode consiste à analyser toutes nos connaissances unes à unes, et de considérer celles dont on a ne serait-ce qu’une seule raison de douter, comme fausse (méthode du doute hyperbolique, exagéré –tout simplement, méthodologique). La première connaissance qui se présente à lui (et à nous !) comme étant la plus certaine, est la connaissance sensible (exemple : « ceci est une table », « cette table est ronde »). D. va donner deux raisons principales d’en douter : 1) les sens me trompent parfois (cf. illusions des sens), donc, je ne peux être certain de connaître le monde tel qu’il est vraiment ; 2) je ne peux même pas savoir si le monde extérieur existe, car si par exemple un malin génie « rusé et trompeur » me faisait croire qu’il existe un monde, alors qu’il n’y en aurait pas –par exemple, en m’envoyant, avec des électrodes, des sensations- je n’aurais aucun moyen de m’en apercevoir. Conclusion : on ne peut donc avoir de connaissance certaine concernant le monde extérieur. Question : mais moi, qui doute qu’il existe un monde extérieur, est-ce que je peux être trompé concernant ma propre existence ? Non : si je doute c’est ce qu’existe ! Ou, si je pense, c’est que je suis ! Car le malin génie peut me faire croire qu’il existe quelque chose alors qu’il n’existe rien mais il ne peut me faire croire que je pense alors que je ne pense pas. Conclusion : il y une connaissance certaine au monde : c’est que moi qui pense j’existe.

Freud : la conscience n’est pas une connaissance (critique de Descartes) de tout ce qui nous fait agir comme on le fait ou de tout ce qu’on est ; il y a en ce domaine des causes inconscientes auxquelles on ne peut avoir accès.

Développement : Inconscient = forces internes qui agissent sur vous à votre insu. Quelles sont ces forces ? Il y en a deux : celles que Freud appelle le « ça » = pulsions innées qui consistent à vouloir faire tout ce qui vous fait plaisir. Au fur et à mesure que vous grandissez, la société, par l’intermédiaire de vos parents, va vous interdire de satisfaire certaines de vos pulsions. Ces interdits vont former la seconde sorte de forces, qu’il appelle le « surmoi » (intériorisation des interdits parentaux/ sociaux). Ce qui va se passer au fur et à mesure de votre vie, c’est que vos pulsions vont rencontrer des résistances venant du surmoi. Il interdit ou il permet aux pulsions de se satisfaire. Les désirs les plus inavouables vont être censurés, refoulés (dans votre inconscient). Problème : ils sont bien là, en vous ; et ils vont avoir tendance à revenir vous embêter ; ils vont agir sur vous, mais sans que vous vous en rendiez compte. Comment est-ce possible ? Ils s’expriment d’une façon détournée, symbolique, cryptée. Freud prend pour exemple : les lapsus, les actes manqués, les rêves, les maladies psychiques. Tous sont la façon cachée pour le désir inavoué, de s’exprimer. Pour prendre l’exemple des lapsus ou actes manqués, vous avez bien conscience de faire ou de dire des choses insensées, mais vous ne comprenez pas trop pourquoi. C’est en fait un désir inavoué qui s’exprime en vous…