Peut on reprocher au langague d'etre équivoque ?

Je n'arrive pas a commencer et encore moins a faire un bon plan. Alors si vous pouvez m'apporter de l'aide ça serait bien
Merci Alicia Terminale littéraire


Réponse de Philocours.com

D'abord, un constat : le langage EST équivoque. Tu ne dois pas remettre ça en question. Ce qu'il s'agit de savoir c'est : est-ce que c'est néfaste au langage ? Est-ce que cela empêche au langage d'atteindre son but ? (par exemple, décrire la réalité, exprimer les sentiments, etc.).

Equivoque = synonyme d'ambiguïté, d'obscurité (?); pense aussi à la métaphore.

Quelques pistes, à partir de là :

si tu te demandes quelles conséquences l'ambiguïté des mots peut bien avoir concernant la nature du langage, ou sur la pensée, tu pourras te servir de ce que disent certains auteurs, sur le langage, ou sur la pensée.

Je pense d'abord à Platon/ Socrate : le dialogue socratique : tu n'as qu'à ouvrir n'importe quel dialogue de Platon, on y voit Socrate s'efforçant de chasser toute ambiguïté des mots, à la fois pour permettre l'accord des interlocuteurs entre eux, et pour parvenir à penser clairement (but même de la philosophie : savoir ce qu'on veut dire quand on parle !).

NB : Le sujet a donc à voir à mon avis à la fois avec la nature du langage (langage, parfait ou imparfait ? faut-il se lamenter de son ou ses imperfections ? ) et avec la philosophie…

Pour une conception plus positive de l'ambiguïté des mots, on peut tout simplement penser à la poésie (cf. fait que la poésie, rendue possible par l'ambiguïté des mots, et qui joue avec elle, égaie l'existence, mais aussi, nous éloigne de la nature : un animal ne fait pas de poésie). Et plus précisément, à l'usage des métaphores. Là, je pense à certains philosophes comme Nietzsche ou Bergson : tous deux critiquent le langage, en disant que les mots sont généraux, alors que ce qui existe, ce sont des individus (il existe des individus chats mais pas de chat en général…) : les mots, le langage en général, échoue(nt) donc à dire la réalité ; conséquence : Nietzsche va faire un grand usage de la métaphore, pour essayer de dire la réalité, de l'approcher, mieux que ne peut le faire la rigueur du concept (et la philosophie, qu'il critique) ; ainsi a-t-il écrit un poème philosophique : Ainsi parlait Zarathoustra. Si dans ton CDI tu trouves un recueil de textes sur Nietzsche (aux éditions Puf), tu peux chercher des textes ayant trait à la métaphore (au langage en général). De Nietzsche, sur ce thème du langage, il existe aussi un très beau petit essai, intitulé Le livre du philosophe. Il pourrait sans doute te servir. Bergson a aussi beaucoup utilisé de métaphores (notamment, dans la Pensée et le Mouvant, PUF, p. 180).

Bien entendu, il faut faire attention à ne pas remplacer le terme d'ambiguïté par celui de métaphore, mais il y a quand même des rapprochements à faire…

Peut-être peux-tu encore consulter le chapitre IV du Léviathan de Hobbes.


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