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Cours sur la Mort (L)

page créée le 12/ 03/ 2005

 

 

Résumé:

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• Approche socio-historique : la mort aujourd’hui, un nouveau tabou ? (P. Ariès)

• Point conceptuel : distinction vivre et exister

I- Peut-on penser clairement la mort ?

A- La mort, un fait naturel ?
1) la mort, entre nécessité et contingence
2) la mort, une loi naturelle pas comme les autres : la mort, ta mort, ma mort

B- La mort, une réalité irreprésentable
1) pouvons-nous penser notre mort ?
2) pouvons-nous penser la mort ?
3) nous ne pouvons qu’imaginer la mort

II- LA PHILOSOPHIE COMME QUETE DU SENS DE LA VIE OU : COMMENT VIVRE TOUT EN SACHANT QU’ON DOIT MOURIR ?

A- La philosophie, un art de vivre
B- Epicure : habitue-toi à penser que la mort n’est rien…

 


 

INTRODUCTION

Problématique : la mort peut-elle être un objet philosophique ?

Philosophie : art de vivre, art du bonheur, sagesse ; mais aussi activité de clarification, de conceptualisation. La mort est-elle quelque chose avec quoi on arrive à vivre, et à faire son bonheur ? Pour cela, encore faut-il que l’on puisse parvenir à se faire une idée précise de ce qu’est la mort !

 

1) Avant d'aborder ce point, faisons un petit détour "socio-historique" :

 

Approche socio-historique : la mort, un nouveau tabou ?

cf. P. Ariès, Essais sur l’histoire de la mort en Occident (1975) : la mort est devenue un tabou mais elle ne l’a pas toujours été :

Causes principales : la transformation de la famille (liens affectifs et non plus famille-patrimoine) et médicalisation de la mort


Historique

Second moyen âge jusqu’au 18e : « la mort apprivoisée » (ou « familière »)

 

1) le statut du mort : maître de sa vie et de sa mort

• Mort subite, accidents = rares et pas souhaitables (pas de possibilité de se repentir, prive homme de sa mort) ; on SAIT qu’on va mourir (heureusement, il savait qu’il allait mourir !)
• On meurt essentiellement au lit
• Ce qui nous laisse le temps de préparer l’après-mort, et de dire adieu aux proches (cf. testaments, qui n’étaient pas seulement un acte légal mais aussi un ensemble de réflexion spirituelle)
• Pas de larmes excessives
• Le médecin avait le rôle d’avertir les mourants

2) le travail de deuil : un adieu aux morts « public »

• Mort : cérémonie publique (le mourant la préside ; on honore les morts, qui suscitent de l’intérêt, de la pitié)
• Le lit du mort est entouré d’une assistance parfois nombreuse et qui comprend même des enfants

3) coexistence entre morts et vivants

• Cf. premières abbayes sur le lieu de sépulture des martyrs (en dehors des villes); puis on enterre corps dans cathédrales (dans cité)
• Cimetières = lieux d’asile, comprennent des habitations et des commerces, des artistes ambulants
• Mort pas importante : l’Eglise fait un peu n’importe quoi des corps des morts…

Causes

• importance de la croyance en Dieu


• conception collective de la destinée


• acceptation de l’ordre de la nature


• mort = loi de l’espèce


Aujourd’hui : la mort, sujet pornographique (évacuée du domaine public)

 

Première phase : 15-18e : la mort perd sa familiarité

1) la mort, une rupture violente


2) le travail de deuil : un déchirement qui exprime un déchirement


• Un nouveau culte des morts : on s’accroche aux restes du défunt, on le visite

• Individualisation de la mort

 

Causes :


• Impératif d’être heureux (il ne faut pas afficher sa tristesse qui doit être cachée)


• Importance de la famille (sentiment familial)


• Diminution croyances religieuses


• Progrès médecine (mort remplacée par maladie ; on meurt à l’hôpital, etc) = médicalisation de la vie et de la mort ; remplacement famille par médecin d’hôpital

Seconde phase : 20e

1) dépossession du mourant (pas de statut, pas de dignité… parce que plus de valeur sociale)

• Le mourant est privé de ses droits, il est comme mis sous tutelle
• « heureusement, il ne s’est pas vu mourir ! »
• Il n’y a souvent personne à côté quand il meurt
• Chose clinique et humiliée
• On console les survivants, la famille (intérêt et pitié : pour les survivants)

2) refus du deuil

• Il devient ensuite honteux d’en parler (évacuation de la mort hors de la vie quotidienne) ; de l’ordre de l’interdit, du tabou, de l’obscène ; condoléance limitée, deuil estompé
• Cf. incinération (urnes en général pas visitées, cendres parfois dispersées)

• Cf. invention d’un nouveau rite funéraire aux Etats Unis (funeral home : endroit neutre, entre l’hôpital anonyme et la maison trop personnelle ; le mortician est un hôtelier spécialisé dans la réception des morts ) ; si on continue chez eux à les honorer, c’est tout de même en refusant leur statut de mort ; compromis entre l’adieu des vivants aux morts et l’interdit qui pèse sur la mort

3) le « scandale » de l’euthanasie : le scandale de la mort ?

 

 

• Une solution pour réintégrer la mort dans notre quotidien : créer un droit des mourants ? Cf. euthanasie : n’est-ce pas un moyen pour les mourants de redevenir maîtres d’eux-mêmes jusqu’au dernier moment ?

o acte de provoquer la mort d’ autrui dans le dessein de lui épargner des souffrances dues à une maladie incurable


o il ne faut pas que la vie l’emporte sur la liberté (je ne peux être libre si j’agis en ayant pour but exclusif de me conserver en vie) ; la fin de vie est une situation d’indignité parce qu’il y règne l’impuissance

 

• Cela permet d’aborder ce qu’est la mort pour les philosophes, grâce à ancien sens du mot (mort douce et paisible ; préparation de l’âme à mourir : a à voir avec une sagesse personnelle devant notre propre mort = cf. philosophie morale antique)


2) Faisons maintenant le point, et lions cela à notre problématique :

Tout se passe comme si on réussissait à être heureux, à condition de ne pas trop penser à la mort, à condition de ne pas en parler (cf. impératif du bonheur, de l’épanouissement personnel, qui coïncide avec l’interdit de la mort).

Pourtant, nous avons également reconnu que :


• Ne pas affronter la mort n’est pas la bonne solution ; ce n’est pas très éthique

• Il faut donc, pour essayer de briser le tabou de la mort, créer un droit des mourants, et ce droit impliquerait la légitimité d’une certaine forme d’euthanasie

Cela ne veut-il pas dire que nous n’avons pas le droit d’évacuer la mort de notre quotidien ? N’est-ce pas à condition de préparer l’âme à mourir, comme le faisaient les philosophes de l’Antiquité, que l’on peut véritablement être heureux (jusqu’au dernier moment) ?

Mais pour cela, encore faut-il justement savoir ce qu’est la mort. La mort est-elle susceptible de pensée claire ? Est-elle conceptualisable ? Et n’est-ce qu’à cette condition que la philosophie peut nous délivrer de l’angoisse de la mort ?

Point conceptuel : la distinction exister et vivre

Exister c’est le propre du sujet conscient en proie à la connaissance de sa condition humaine, liberté, mort, etc. = finitude. L’être humain se sent, se sait vivre.

On peut très bien vivre sans exister (sans jamais se poser la question du sens de la vie, sans s’interroger sur la mort, etc.). La vie c’est quelque chose de naturel, qui est, point. Cf. de nouveau l’exemple de quelqu’un dans le coma : il vit, il végète, il n’existe pas.




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