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Le bonheur est-il affaire de politique ?

page créée le16/09/2003

 

 

Résumé:

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Plan

 

Introduction

I- Aristote : le bonheur relève du et de la politique.

II- Dire que le bonheur est affaire de politique, n'est-ce pas confondre liberté et bonheur?

Conclusion : Le bonheur ne relève donc pas entièrement de la politique

ANNEXE : Aristote : le bonheur comme vie morale

Bibliographie

 


Introduction

Bonheur : ce que tous recherchent (cf. cours sur l'Etat, Aristote Ethique à Nicomaque, I, 5). Etat de complétude, de satisfaction complète, dans lequel rien ne nous manque.

Politique : a)le politique, ce qui concerne la vie collective ou le gouvernement de la cité. b) la politique, science ou technique de gouvernement

 

Affaire de : relever de, dépendre de

Si je réponds que oui, ça donne les deux thèses suivantes :

a)je ne peux être heureux qu'au sein du politique, ie, de la vie en commun,

b)mon bonheur est quelque chose que la politique, entendue comme science ou technique du gouvernement de l'Etat, doit seule déterminer.

Ce qui a pour implications que:

A') Le bonheur n'est pas quelque chose de personnel (seul, je ne peux trouver le bonheur)

B') Le but de l'Etat, c'est de nous rendre heureux, de même que nous vivons de manière politique afin d'être heureux.

Si ces deux implications sont fausses, alors, il faudra répondre à la question par la négative.

Problème : est-ce une contradiction de penser la fin de l'Etat comme étant le bonheur ?

 

I- Aristote : le bonheur relève du et de la politique.

 

1) Le bonheur ne relève que du vivre-ensemble, du politique :

Pour lui, on ne peut être heureux hors de la cité. En effet,

(1) (Aristote, Ethique à Nicomaque, I, 5) le bonheur consiste dans un état de satisfaction totale, qui est la fin naturelle et ultime de l'homme, ce grâce à quoi il se réalise, s'épanouit (être heureux = réaliser son humanité)

(2) or, comme le montre le texte suivant d'Aristote :

Aristote, Politiques, I, 2

"Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l'homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité (...) est soit un être dégradé soit un être surhumain (...). Car un tel homme est du même coup naturellement passionné de guerre, étant comme un pion isolé au jeu de trictrac.

C'est pourquoi il est évident que l'homme est un animal politique plus que n'importe quel animal grégaire. Car, comme nous le disons, la nature ne fait rien en vain; or seul parmi les animaux l'homme a un langage. Certes la voix est le signe du douloureux et de l'agréable, aussi la rencontre-t-on chez les animaux; leur nature en effet est parvenue jusqu'au point d'éprouver la sensation du douloureux et de l'agréable et de se les signifier mutuellement. Mais le langage existe en vue de manifester l'utile et le nuisible, et par suite aussi le juste et l'injuste. Il n'y a en effet qu'une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux animaux : le fait que seuls ils ont la perception du bien et du mal, du juste et de l'injuste (...). Avoir de telles notions en commun, c'est ce qui fait une famille et une cité.

De plus une cité est par nature antérieure à une famille et à chacun de nous. Le tout, en effet, est nécessairement antérieur à la partie, car le corps entier une fois détruit, il n'y a plus ni main ni pied, sinon par homonymie, comme quand on parle d'une main de pierre, car toutes les choses se définissent par leur fonction (...), de sorte que quand elles ne les ont plus, il ne faut pas dire qu'elles sont les mêmes, mais qu'elles n'ont que le même nom. Que donc la cité soit à la fois par nature et antérieure à chacun de ses membres, c'est clair. S'il est vrai, en effet, que chacun pris séparément n'est pas autosuffisant, il sera dans la même situation que les autres parties vis-à-vis du tout, alors que celui qui n'est pas capable d'appartenir à une communauté ou qui n'en a pas besoin parce qu'il se suffit à lui-même n'est en rien une partie d'une cité, si bien que c'est soit une bête soit un dieu. C'est donc par nature qu'il y a chez les hommes une tendance vers une communauté de ce genre".

 

 

l'homme se définit par sa sociabilité. Il est naturellement sociable (un "animal politique"). En effet seul il possède la faculté de parler du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Or, ce sont des valeurs appelant la discussion, le débat

(3) alors il a besoin de la cité, du vivre-ensemble, pour s'épanouir, car ce vivre-ensemble est ce grâce à quoi il va pouvoir réaliser son humanité (discuter du bien et du mal, etc.)

Deux conclusions s'imposent donc :

(4) le bonheur n'est pas quelque chose de personnel, de propre à chacun.

L'état de satisfaction complète, dans lequel rien ne nous manque, n'est pas un accomplissement de l'individu mais de notre humanité.

Et cet état n'est pas possible hors de la vie politique. Hors de la cité en effet, pas d'homme, mais soit une bête, soit un dieu, car nous ne pouvons y rencontrer les conditions qui réalisent l'humanité (mettre en commun nos idées de juste et d'injuste, de bien et de mal). Si nous ne vivons pas en cité, avec d'autres hommes, alors, nous manquons finalement de tout.

(5) enfin, le bonheur est la finalité propre du politique : si on vit ensemble ce n'est que pour cela.

 

2) C'est donc à la politique (sens b)) de nous rendre heureux :

Un accomplissement personnel n'est pensable que comme accomplissement collectif : le bien privé s'identifie avec le bien public.

C'est donc la science politique, en tant qu'elle s'occupe à déterminer le contenu de ce bien public, qui vous apprend quelles sont les conditions du bonheur, et vous l'apporte. De même le gouvernement est tout entier occupé à déterminer ce bien public, donc, s'occupe de réaliser le bonheur. Les lois qui sont faites et appliquées, sont faites en vue du bonheur.

Conclusion I : le bonheur est donc avant tout et seulement affaire de politique. Si vous voulez vous en abstraire, vous avez de fortes chances de vous tromper.

 

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