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Freaks (Tod Browning)

page créée le 13/04/2011

 

 

Lycéens au cinéma, année 2009-2010, 700 (TL)

Liens avec le programme de philosophie :

  • qu'est-ce qu'une norme ?
  • qu'est-ce qu'être normal ?

liens associés

 

 

 

 

 



    Question centrale : la norme et la normalité

    Premier temps -Faire chercher aux élèves les significations des termes :

    • Norme
    • Normal
    • Monstre :
        • Etre vivant dont la conformation diffère considérablement de celle des individus de son espèce, par excès, par défaut, ou par la position anormale de certaines parties de son organisme
        • Latin « monstrum » = « prodige », « miracle » :


          o Dans le De divinatione de Cicéron, et dans le De civitate Dei d’Augustin, on apprend que les monstres tirent leur nom du verbe latin « monstrare » parce qu’ils nous montrent quelque chose par signes et nous avertissent d’une signification à déchiffrer. Ils sont en général le signe d’un mauvais présage. Ainsi dans la Grèce antique il fallait exposer les enfants nés difformes, les remettre aux dieux.


          o Symptôme d’une faute : cf. la Gorgone Méduse, jeune fille transformée par Athéna en monstre à cheveux de serpents, parce qu’elle a eu des rapports sexuels ; la difformité physique infligée au coupable est conçue à la fois comme punition du crime et comme un marquage révélateur de la difformité morale du criminel


          o créatures difformes que l’on exposait au cirque ou pendant les foires ; le monstre est ce que l’on montre, un être voué à la scène (cf. les hermaphrodites)

        • Le monstre au sens moral est quelqu’un qui a un comportement déviant ou cruel (« inhumain »)
          Cf. Le pédophile, le psychopathe…
          Cf. Longtemps l’homosexuel a été considéré comme tel


      Les sous-entendus de la signification morale du terme
      Sous-entendus de la signification « naturelle »
      - le naturel est normal et même bon
      - le physique serait un signe du moral
      Les monstres dits tels sont hors norme au sens où ce sont des êtres inclassifiables dans l’espèce dans laquelle ils sont pourtant générés.

      Locke, IV, 4, §§ 14 à 16 (les « imbéciles » sont entre l’homme et la bête) ; II, 11, §§ 12 à 14
      Leibniz, III, 6
      Diderot La lettre sur les aveugles


      Critiques
      Critiques
       

      Montaigne, Essais, II, 30 (« D’un enfant monstrueux »): le monstrueux, c’est la simple méconnaissance que nous avons des phénomènes surprenants qui ébranlent notre jugement

      Extrait : Ce que nous appelons monstres, ne le sont pas à Dieu, qui voit en l’immensité de son ouvrage l’infinité des formes qu’il y a comprises ; et c’est à croire que cette figure qui nous étonne, se rapporte et tient à quelque autre figure de même genre inconnu à l’homme. (…) Nous n’en voyons pas l’assortiment et la relation.

      Le monstre, c’est d’abord ce qui étonne, ce qui offense le regard ; ce terme connote la répulsion, l’impossibilité de reconnaître l’humanité d’un être ; c’est un degré d’écart par rapport à la norme jugé insupportable ou scandaleux.

      Or : la répulsion et l’étonnement à l’égard des êtres gravement malformés ne saurait garantir l’objectivité de la notion de monstruosité ; la tolérance à leur égard est une donnée très variable d’un individu et d’une culture à une autre. L’infirmité et la monstruosité sont d’abord une question de point de vue.

      Cf. déformations artificielles du corps comme les pieds atrophiés des femmes chinoises.
      Cf. Swift, Les voyages de Gulliver

      La norme correspond à une construction fluctuante, susceptible d’évoluer en fonction des possibilités techniques d’appréhender et de modifier la nature. Chaque époque génère des figures de l’ennemi mortel, des incarnations de l’altérité absolue : terroristes, cannibales, nazis, avorteurs, prostituées, pédophiles, psychopathes…

       

      Deuxième temps : questionnaire plus précis sur le film

      • Qui sont les monstres dans le film ? Quel présupposé est alors dénoncé ?


      - Les vrais monstres sont ceux qui n’en ont pas l’apparence
      - Le physique n’est nullement un signe des qualités morales puisqu’ici la femme considérée comme belle est un monstre moral..

      • Le générique :
        o Il propose aux spectateurs d’aller regarder derrière le mot « monstre » et ses apparences
        o Il suggère que le film va véhiculer une autre image des phénomènes et de la monstruosité, voire du cirque

       

      • Que signifient l’abondance des références à l’animalité ?

    • o les animaux qualifient-ils seulement les monstres de foire ?

      -cf. Hercule accompagné d’un taureau

      - Vénus d’une otarie
      - Frieda d’un poney
      - Cléopatra devient un oiseau-tronc


      o La supposée normalité bascule ici définitivement dans l’animalité ; les métaphores signifient la porosité des frontières humanité / animalité

      • Scène 4 mn 28 à 6 mn 40 : des monstres ou des enfants ?


        o La 1ère apparition des monstres contrarie notre attente : on les voit au repos, non pas comme des phénomènes de foire en plein spectacle


        o Que pensez-vous des propos suivants :


        - Le gardien : « il devrait y avoir une loi contre ces gens. On devrait les enfermer »
        - Le gardien s’offusque de l’emploi du terme « enfants » pour qualifier les monstres ; il précise d’ailleurs que ce ne sont pas des enfants mais des monstres

        o Quel est ici le sens du mot « enfant » ?


        -C’est un synonyme d’être humain (les phénomènes vont en effet être montrés comme des êtres humains comme les autres, possédant, certes, des corps singuliers)

 

 

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