PHILOCOURS.COM



Accueil
Cours
Corriges
Methode
Dossiers
Liens
Aide Perso
Fiches Bac
Programmes
Bibliographie
Accès Elèves

 

Accueil > Cours > Cours Bergson
page 1 | 2 | 3 | 4 |

Bergson, Matière et mémoire

page créée le 24/09/2006

 

 

Résumé:

liens associés

 

  • Le propos de Bergson

    1) La thèse : Il y a émergence progressive de l'esprit à partir de la matière grâce au discernement que requiert la perception

    2) La méthode de saisie du pur

    3) Il remet en cause la définition traditionnelle de la perception : percevoir, ce n'est pas juger ou connaître mais agir (ou pouvoir agir)

    4) La perception consciente

    5) Le point commun entre l'esprit et la matière : la durée

  • Concepts fondamentaux
    • L'image
    • L'intuition
    • La durée

I- Chapitre 1 : la perception

II- Chapitres II et III : la mémoire

  • le souvenir de la lecture

III- Chapitre IV : solution au problème du dualisme

 

 


 


B. cherche ici à poser correctement le problème du dualisme. Il le pose d'une manière nouvelle en s'interrogeant sur la mémoire. Il traite ici le problème des rapports âme/ corps en fonction de la durée. La relation entre les deux éléments sera saisie dans le souvenir (point d'intersection).

1) La thèse : Il y a émergence progressive de l'esprit à partir de la matière grâce au discernement que requiert la perception

Il part d'un monde plein : immédiatement, le monde est là, tout nous est donné. Ce qui nous est donné dans la perception, c'est l'ensemble des images du monde matériel. En droit, nous percevons tout. Le point d'organisation, c'est l'image particulière qu'est mon corps. Il donne au départ une définition très large de la matière : elle est l'ensemble des images -or, faire intervenir cette notion d'image, c'est faire intervenir la notion d'esprit.

L'analyse de cette perception sera une genèse de l'esprit : il s'agira de montrer comment la conscience émerge d'un monde qui par lui-même ne comporte encore rien de la subjectivité ou de la conscience. Comment, dans cette totalité, allons-nous faire des différenciations, percevoir et nous souvenir ? Le philosophe se trouve d'abord face à un champ transcendantal sans sujet. Au départ, il n'y a que le pur objet. Le sujet n'est pas immédiatement là, constitué. Le champ Tal est une structure objective, quelque chose de déjà tout prêt pour la connaissance. L'a priori est du côté de l'objet. On est tout de suite dans les choses. L'activité de l'esprit consiste à s'en extirper. Préalablement à toute perception, il y a un fond impersonnel, où l'acte de percevoir coïcnide avec l'objet perçu. Le fond est extériorité.

L'acte de perception nous place directement dans les choses. Ce n'est donc pas une philosophie réflexive : on ne part pas de soi pour aller vers le monde. C'est en partant du monde indéterminé qu'on se donne le monde tel qu'il nous est donné, sans le mettre en doute. Il y a une structure antérieure à la présence de l'esprit. Contrairement à Kant le sujet ne structure pas le monde, il n'ya pas de chaos antérieur : il y a un monde déjà structuré, qui s'impose à nous. La perception idéale n'est pas subjective, elle est impersonnelle : les éléments propres à l'être percevant ne constituent pas la perception, ils s'y ajoutent. Bref, la perception pure nous donnerait un monde d'où tout sujet serait absent. Il n'y a donc à la limite aucune différence entre être et être perçu : pensée et étendue ne s'opposent pas, et pas d'assimilation entre étendue et représentation. Il y a émergence progressive de l'esprit à partir de la matière grâce au discernement que requiert la perception.

 

2) La méthode de saisie du pur

L'esprit est déjà présent dans la perception, sous forme de discernement. Et réciproquement, la matière est présente dans la mémoire, sous forme de mémoire habitude ou répétitive. Mais, afin de voir comment se constitue l'esprit à partir de la matière, et où se fait le contact entre eux, B. va tâcher d'isoler dans sa pureté :

  • l'acte de percevoir
  • l'acte de se souvenir

Il isole ainsi l'esprit face à la matière; mais s'il isole les termes, c'est pour mieux comprendre leur unité. Il se situe ici dans la tradition française, qui vise à atteindre le purement spirituel et le purement étendu. Pour pouvoir penser le rapport du moi au monde, il faut pousser à fond l'analyse de chacun des termes. On a une description de la perception pure, ni donnée, ni expérimentée, mais saisie par un acte éidétique de saisie des essences, qui coupe tout lien d'essence entre perception et mémoire. C'est l'intuition qui permet d'expérimenter la perception idéale. L'intuition est effort de saisie du pur, ascèse. Conversion de l'esprit, pour mettre entre () l'expérience et saisir un objet pur. B. veut saisir la matière "avant la dissociation".

 

3) Il remet en cause la déf traditionnelle de la perception : percevoir, ce n'est pas juger ou connaître mais agir (ou pouvoir agir)

Elle tient plutôt de l'instinct, de l'adaptation. Elle se définit en termes d'activité, de mouvement.

En effet, elle dépend du cerveau; or, le cerveau a pour fonction de transmettre le mouvement du monde extérieur : par conséquent, elle ne travaille pas en vue de la connaissance, puisque les centres nerveux sont moteurs : elle prépare une série d'actions possibles.

Plus le cerveau est complexe, plus il donne à l'homme sa part d'indétermination; plus l'être vivant peut percevoir de types d'objets différents, plus il pourra avoir des actions complexes, et plus sa perception sera consciente : le choix est donc le lieu où émerge la conscience.

Si la perception et l'action sont liées, elles comportent en même temps quelque chose d'inverse. Face au monde matériel, il y a en effet une alternative : ou on agit, ou on perçoit. Perception et action sont en proportion inverse : plus l'action est indéterminée, plus la perception s'étend. La perception est une action non agie (intellectuelle, virtuelle). Percevoir, c'est pouvoir agir, mais ne pas agir. C'est une action suspendue, qui consiste à contempler l'objet, explorer l'espace. La perception pure est vision des choses, contact avec la matière : elle se situe dans les choses mêmes. Elle est donc instantanée, elle ne conserve rien du passé. Elle est en ce sens une succession de vues discontinues. Percevoir purement, c'est percevoir immédiatement la matière.

La matière est sans durée, elle est présent perpétuel, qui recommence sans cesse. Le présent est donc l'esprit devenu momentané, réduit à une pointe. En fait, ce n'est qu'idéalement qu'il y a de la matière pure, sans durée.

 

4) La perception consciente

Pour savoir comment les mouvements deviennent des perceptions conscientes, il faut isoler la perception pure. N'ayant affaire qu'au présent et à la matière, elle serait à la limite présence de la chose sans représentation. On n'a pas affaire ici à la perception réelle, puisque celle-ci présuppose déjà la présence de la conscience. Le passage de la présence à la représentation, est une diminution, une perte. Nous ne pouvons en effet être conscients de tout. En droit, nous percevons le tout ; mais percevoir effectivement un objet, c'est l'isoler du tout des images. Nos centres d'intérêt déterminent notre perception. Et c'est en fonction de l'arrêt d'une action que naît une perception. Percevoir, c'est refuser de voir tout le réel. Le sujet se constitue donc par différenciation et éloignement de l'objet.

De même que la perception a affaire à tout le réel, nous conservons tout notre passé. Il y aura donc deux mémoires : une effective, limitée, et l'autre virtuelle, de droit, non limitée. Elle conserve la totalité du passé. La mémoire sélectionne, dans ce passé, en fonction de l'instant présent. La mémoire pure est spéculation qui portera sur l'esprit lui-même. La perception concrète est imprégnée de souvenirs.

 

5) Le point commun entre l'esprit et la matière : la durée

Ce qui transcende les deux formes de pureté, ce qui est plus originaire, c'est la durée. La vérité première de sa philo, c'est que "tout dure". La réalité est une et indivisée. Matière et mémoire en sont des modalités différentes. Il n'y a ni réduction de l'esprit à la matière, ni réduction de la matière à l'esprit. Mais découverte d'un troisième élément, la durée. La matière est durée dilatée, imperceptible comme telle. Et à la limite, la mémoire serait pure durée. On a une durée éparpillée, et une durée concentrée. Mais ontologiquement, c'est bien une et même durée. Il y a deux directions inverses de saisie de cette durée : perception, intuition. Comme matière et esprit sont deux modes extrêmes de la durée, la perception et la mémoire sont deux modes extrêmes de l'intuition : 1) direction de l'objet pur; 2) vision de soi comme esprit.

 

Pour accéder à la suite du cours, vous devez entre votre code dans la zone ci-dessous

Paiement sécurisé par Rentabiliweb
Solutions de paiements sécurisés
Secure payment solution
Choisissez votre pays et votre moyen de paiement pour obtenir votre code
Please choose your country and your kind of payment to obtain a code
Votre navigateur doit accepter les cookies
Please check that your browser accept the cookies

 

 

 

Accueil > Cours > Cours Bergson page 1 | 2 | 3 | 4 |
© Philocours
Accueil | Haut de page